La femme de ménage

Nous ne voulons pas de femme de ménage. À un étage élevé il y a peu de poussière (et le temps d’y arriver nos chaussures sont sèches). Nous ne sommes que deux, très (qui a dit trop?) ordonnés et nous salissons peu. De toutes façons, j’ai réussi à comprendre comment utiliser l’aspirateur de forme étrange fourni avec l’appartement. Et à acheter (quoiqu’avec difficulté) une centrale à vapeur bien moins performante que celles que nous avons en France. Car ici, visiblement, on ne semble pas avoir beaucoup de considération pour les mexicaines qui font le ménage, si on en juge par les miteux fers à repasser que l’on trouve sur le marché. Bref, en tous cas je suis autonome, je range, je nettoie, je repasse…et je fais le lit. Ah, et bien justement, c’est le seul problème, notre beau lit, importé de Chine par nos chers voisins, rappelez-vous. Vous connaissez pourtant mon admiration invétérée pour tout ce qui est chinois (Ma belle fille cantonaise elle même doit parfois tempérer mon enthousiasme) mais là, je dois mettre un petit bémol concernant ce lit. Certes, ce « King Size Bed » sied parfaitement dans notre magnifique chambre à coucher panoramique et nous y dormons relativement sereinement. Mais il est dangereux. D’abord, il a des angles aigus (ce qui est interdit en Europe depuis belle lurette, les USA seraient ils moins regardants?) Mais surtout…vous ne pouvez absolument pas border les draps sans vous coincer les doigts. Impossible. Le week end, j’essaie bien parfois de me défiler pour que mon cher mari soit de corvée… Mais en semaine, je n’ai pas le choix…Aie!.. Aie!…Aie! C’est la loi de la nature, comme tout animal qui connaît les pièges, j’ai fini par trouver la parade: je mets des gants…Même plus mal! Donc ce matin tôt, alors que j’étais en train de disposer artistiquement la couette, en pyjama rayé et gants de cuir, j’entends sonner. J’ouvre. Une petite dame un peu basanée à l’accent mexicain m’explique qu’elle cherche du travail. Puis son regard se pose sur mes mains gantées de noir, elle bafouille quelque chose et part en courant. Je ne saurai jamais si elle m’a prise pour une terroriste française au saut du lit, ou si elle n’en peut plus de se faire coincer les doigts dans les lits chinois de l’immeuble…elle est partie si vite, je n’ai pas eu le temps de remarquer si elle avait des sparadraps aux doigts…

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Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas

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