À la sauce texane! Je suis une handicapée des sauces. Oui, vous savez, ce genre de nana qui ne met qu’un peu de vinaigre balsamique vieilli en fut de chêne sur sa feuille de salade bio…(Bon, OK, c’est pas totalement vrai mais c’est pas complètement faux non plus je le reconnais) Effectivement, je n’achète jamais de sauces toutes faites; et je respecte à la lettre les recommandations de ce cher Pépé Nénesse* comme l’ont baptisé en son temps mes enfants. Donc vous comprenez bien que cette chronique va constituer un vrai challenge pour moi. Mais voilà, je ne peux pas résister au plaisir de l’écrire, car ici, au supermarché, quand je passe devant le rayon aux 10000 sauces, je ressens comme un appel. Car au Texas, vous n’achetez pas une bête sauce à Barbecue. Vous vous offrez l’Ouest Sauvage à portée de bouche. Ici, une simple cuiller de « salsa » vous emporte au pays de David Crockett et des beaux Cowboys solitaires avec leurs chevaux et leurs lassos. Le pays où on naît et qu’on ne quitte pas. Le pays où si l’on n’est pas mort d’un ulcère à l’estomac (c’est le feu de l’enfer cette recette là!) on profite tranquillement des douces soirées d’automne bercé dans son rocking-chair. Et pourtant, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait le piment… Chipotle, Jalapeno, Habanero, Péri Péri et toutes les autres variétés, de la plus douce à la plus « hot » s’invitent en sauce dans votre assiette. Figurez-vous qu’en 1912, Wilbur Scoville, un éminent pharmacologue, a créé une échelle spéciale pour mesurer le piquant. Oui, comme celle de Richter pour les tremblements de terre, mais celle là mesure le feu de votre gosier. Pour établir son classement, il préparait une solution de piment frais mélangé avec de l’eau sucrée. Cette solution devait être testée par cinq personnes (les pauvres): tant que la sensation de brûlure subsistait, il en augmentait la dilution. Lorsque qu’enfin elle disparaissait, la valeur de la dilution servait de mesure à la force du piment. Donc, par exemple, si vous lisez « Naga Jolokia » sur l’étiquette, prévoyez un extincteur. Celui là doit être dilué plus d’un million de fois pour devenir indétectable. En bref, j’adore le Texas: Pour pimenter son quotidien, il suffit d’aller faire un tour au supermarché! *Pépé Nenesse: surnom « maison » du PNNS (Programme National Nutrition Santé français, chaudement promu par ceux qui ne l’appliquent pas)















