En arrivant à Houston, je ne connaissais personne. À l’époque, j’avais donc demandé à la gentille dame de l’agence de relocation (qui nous épaulait dans notre installation) comment me créer du réseau et me faire des amies. « Allez à l’église! » Là, j’ai été plutôt interloquée. C’était bien le dernier lieu où j’avais l’intention de socialiser. Je n’ai donc pas suivi sa fabuleuse recommandation. J’ai eu tort. Parce que l’église, ici, c’est quelque chose. Pour vous donner une petite idée, « Lakewood church », à Houston, contient 16800 places assises (non je ne me trompe pas de zéros). Si tant d’américains sont pratiquants, ça vaut sûrement la peine d’aller jeter un coup d’œil, n’est ce pas? Ce dimanche, on a donc décidé de pousser la porte d’une église baptiste qui promet une chorale de gospel à l’office du matin. Entrons dans le bâtiment tout moderne. On tombe directement dans une cafétéria. On se serait trompés d’endroit? On dirait un centre commercial. Pas du tout, mais effectivement c’est à s’y méprendre. Un vaste espace circulaire, bordé de cafés, salles de réunions, classes, bibliothèque, nurserie, toilettes, « information center » entoure le lieu de culte proprement dit. Des fauteuils roulants sont à disposition, ainsi que des petits livrets « Message du jour » près de l’entrée d’un amphithéâtre central de 2000 places, que l’on finit par découvrir par hasard. Visiblement, c’est là que ça se passe, dans une gigantesque salle de spectacle digne d’un palais des congrès. Un type en costard cravate prêche au centre de l’estrade, l’orchestre dans la fosse devant lui, et 60 choristes perchés en hauteur dans son dos, entre deux écrans géants qui retransmettent le sermon et les chants. À gauche de la scène, une dame traduit en langage des signes pour les malentendants. Au milieu des travées, la régie filme pour la télévision dans l’espace hyper équipé alloué à cet effet. Le show est excellent, l’officiant à du prendre des cours de théâtre et module sa prestation pour maintenir l’attention du public. La voix monte, s’accélère, se gonfle ou murmure dans un registre artistiquement parfait. La gestuelle semble impeccablement maîtrisée. Certes le discours pourrait gagner en concision mais les nombreuses répétitions nous permettent d’affiner notre traduction du mot « workship » qui revient régulièrement dans les phrases. On a enfin compris, c’est « la manière de vivre sa foi ». Dans les gradins, chacun s’applique à ne manquer aucun mot du prédicateur qui commente un passage de la Bible. En effet, sur la fameuse brochure « Message du jour » que tous ont en mains, il faut compléter un texte à trous. Doit-on rendre sa copie à la sortie? En tous cas, les nouveaux fidèles peuvent remplir la partie détachable du formulaire avec leurs nom adresse, téléphone, e-mail. Comment avez-vous connu FBC*? Quelle est votre date d’anniversaire? On croirait un questionnaire de chez Marionnaud. D’ailleurs, si vous le remettez à l’accueil, vous recevez un cadeau de bienvenue. On ne l’a pas fait, on ne saura donc jamais ce qu’on a failli gagner. Mais on a passé un moment…intéressant, et on a apprécié les chants. Finalement, c’est cool l’église aux USA, dommage que le sermon soit si long parce que le reste valait la peine! (*First Baptist Church)
