Vous rêvez de vacances?

Une invitation à dîner chez des amis, on n’y résiste pas. Les saveurs se mélangent aux idées et le temps, pour un soir, semble s’arrêter. En France, on vous attend vers 20 h (en province, un peu plus tard â Paris). On vous espère en tous cas avec un quart d’heure de retard (sauf si vous tenez absolument à surprendre vos hôtes sous la douche). Dès l’apéritif on discute de notre pays qui va mal, la faute à ces incapables et/ou corrompus qui nous gouvernent. (De nos jours c’est cool, tout le monde est unanime, droite ou gauche de toutes façons ils sont nuls, on peut désormais commenter la politique sans se fâcher). Il y a bien longtemps, il y eut une époque où on parlait aussi couches-culottes, plus tard scolarité des ados. Ouf, c’est terminé! On tente les sujets sportifs ou culturels pour éviter de parler travail, ça rase tout le monde. La retraite et les petits enfants ça viendra… Mais l’autre jour, nos copains québécois nous ont invités à « souper ». Ben oui, le « dîner », chez eux c’est à midi. Parce que leur « déjeuner » a lieu le matin au réveil. Donc le soir, ils soupent. A 18h. Et comme en Amérique du Nord la ponctualité est de rigueur, à l’heure dite, un délicieux repas canadien nous attend. Quelques jours plus tôt, je crains d’avoir choqué ma « Chum » en lui disant que je ne savais pas comment utiliser le sirop d’érable. Or, le « Maple syrup » est au canadien ce qu’est la baguette croquante pour le français ou le riz pour le chinois: Il ne peut pas s’en passer. Nos amis ont déménagé aux USA avec plusieurs gallons d’avance. Ils ont eu peur d’en manquer. Ah, comme ils nous parlent de l’odeur des érablières au printemps avec des étoiles plein les yeux, les narines frémissantes…Huuuummm! Et c’est vrai, il est absolument divin leur sirop, on peut en témoigner, avec le porc et les asperges comme avec le gâteau, on a bien aimé. Dommage, ils n’ont pas pu nous faire goûter la spécialité fétiche de leur enfance, celle qu’ils nous relatent en se léchant les babines: La crêpe banane-beurre de cacahuète-sirop d’érable…Ils nous engagent à essayer, mais plutôt par un vrai hiver quand il fait moins 20, parce que c’est tout de même un peu copieux. Pourtant, pendant un repas canadien, on prend déjà un grand bol de fraîcheur. Oubliez la crise, les politiciens véreux, les attaques terroristes, le boulot. Laissez tomber tous ces enquiquinements… Parce qu’aujourd’hui à table, on saute dans le canoë pour capturer des truites de 4 kilos, on apprend à chasser l’orignal. Oui, savez vous comment dépecer la bête et la transporter dans la neige profonde? Et quelle position adopter quand vous tombez nez à nez avec un ours lors d’une balade au bord du lac? On ne s’était jamais posé la question avant, il est vrai que malgré la réintroduction de l’espèce dans les Pyrénées, les spécimens sont plutôt rares chez nous. Au Canada, on est dans une autre dimension, le pays est vaste, la forêt sauvage. L’espace d’un repas, on découvre que nos copains baroudeurs sont prêts à faire 3 jours de route en pleine tempête pour aller chercher un diplôme, qu’ils chassent l’ours chaque printemps et qu’ils piègent les nuisibles dans des tonneaux de mélasse. Et on se prend à rêver d’aventures… Prochaines vacances au Québec?

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Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas

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