Des crêpes, ça vous tente? Le gros avantage de la recette, c’est sa simplicité. Car si on se lance dans une préparation complexe à l’étranger, il est parfois difficile de trouver les ingrédients. Il nous a fallu 2 mois d’investigations et quelques essais culinaires malencontreux avant parvenir à localiser la pâte feuilletée, appelée ici « puff pastry ». Elle s’était malicieusement cachée dans un rayon improbable, si on n’avait pas « fait appel à un ami », on chercherait encore. Mais aujourd’hui, pas de souci, il me reste de la farine, j’ai juste besoin de quelques œufs et d’un litre de lait entier, rien de bien méchant. Filons chez Randall’s en acheter. J’en ai pour 5 minutes. Sauf que… Je cherche des œufs bruns. En France, on aime les œufs bien colorés. Si vous êtes comme moi, au supermarché, vous ouvrez les boîtes, vous comparez, et vous choisissez ceux dont la couleur agréablement foncée vous rassure: De braves poules heureuses ont sûrement gambadé au soleil pour vous fournir ces bons produits naturels, pleins de vitamines et d’oligo-éléments. Horreur, aux USA les œufs sont presque tous blancs. Et pas seulement pâles, vraiment immaculés, livides. Cette blancheur neigeuse vous paraît suspecte, malsaine. Vous avez pourtant lu que la teinte de la coquille dépend de la race productrice, pas d’un passage à l’eau de javel, mais vous ne pouvez pas changer vos habitudes vieilles d’un demi siècle. Les américains préfèrent les œufs blancs. Pas nous, un point c’est tout. Ouf, il en reste une boîte de bruns perdue au fond de l’étalage, elle est pour moi! Le lait maintenant…il devrait être dans le même rayon, ou à proximité… Pas du tout. Ici, il est rangé dans une armoire réfrigérée: Notre excellent procédé européen UHT (pourtant créé en 1951) n’a pas réussi en 65 ans à convaincre nos amis d’outre Atlantique. Son goût très légèrement caramélisé dû à la stérilisation leur déplaît. Ils pasteurisent leur lait et le gardent au frais. Oui, mais comment le choisissent-ils? Il y a au moins 80 variétés différentes en rayon, j’en jurerais. Les givrés du marketing ont dû péter les plombs ou avoir un bonus par produit crée, c’est pas possible autrement. J’élimine d’emblée les laits de coco, de cajou, de soja, d’amande (« Almond Breeze », le nom me plaisait bien), de chèvre, de brebis et d’autres bizarreries. Précisons que chaque modèle se décline en sous catégorie « organic » (Bio) ou traditionnelle; elle même démultipliée en versions originale, sucrée, vanillée, allégée, écrémée, enrichie en Oméga 3, en protéines végétales ou en diverses vitamines. Je ne retiens pas plus les onctueux, les soyeux, les curieux… Ni les innombrables laits aromatisés pourtant proposés sous l’appellation « Promise Land ». Oh my God, dans 5 placards réfrigérés pleins à craquer, vais-je enfin trouver un simple litre de lait classique pour mes petites crêpes? Que nenni! Le produit « normal », celui qui vient des vaches, non trafiqué, basique, est vendu ici par gallon. Ça fait 3,78 litres! Devant ce choix aussi monstrueux qu’inadapté, je me pose la question… Et si nous allions plutôt au Resto ce soir? Bonus pour les cuisiniers et les affamés: Combien fait-on de crêpes avec un gallon? Le gallon US, c’est tout simple, est défini comme mesurant 231 pouces cubes du système d’unité américain, exactement 3,785411784 litres; il est divisé en 128 onces.
