Nous sommes clients de la Wells Fargo. Quand mon cher mari a dû ouvrir un compte aux USA il a choisi cette banque, m’a t’il dit, car la succursale se situe en face de son bureau, c’est pratique. En fait, je pense que la raison est moins avouable. Rassurez vous, il ne s’agit pas, (à ma connaissance), de la plastique généreuse de la banquière. C’est autre chose…comme un parfum d’enfance. Fervent lecteur de Lucky Luke dans sa jeunesse, il n’a pas su résister à l’appel de la diligence: En route vers le Far West, vaillant pionnier! En décembre 2014, la Wells Fargo est devenue la plus grosse capitalisation boursière de l’histoire; Mais ce qui attire, c’est moins ses performances que son image, celle des courageux sinon téméraires pourvoyeurs de fonds, prêts à risquer leur vie pour apporter l’or de ses clients dans les lointaines contrées de l’Ouest Sauvage. Cette reconnaissance en terme d’image, c’est « le » point fort, tout est fait pour le promouvoir. A commencer par l’incroyable logo, toujours cette magnifique diligence tirée par un attelage de 6 chevaux. Quand vous entrez dans leurs locaux, il est partout, omniprésent. Et l’ambiance aussi: Vous ne pouvez pas rater la gigantesque porte blindée ronde, placée stratégiquement face à vous. Au moment de Noël, elle était décorée d’une énorme couronne de l’Avent rouge et or. Y accrochent-ils des dindes pour Thanksgiving ? J’y retournerai le moment venu pour le savoir. Notre banquier, James (à la banque comme au restaurant on se présente par son prénom) nous accueille comme s’il nous avait vu hier: « Hi ! How are you today? » Il est en bras de chemise blanche et bretelles, « Such a typical American banker ». Dans nos rêves les plus fous, on ne l’aurait pas imaginé plus authentique. D’ailleurs, il prononce notre nom d’une manière tellement pittoresque que c’est un plaisir de lui faire répéter 3 fois. On voudrait une carte de Crédit. En France, c’est tout simple, vous demandez une carte Visa à votre banquier. Comme vous êtes un client sérieux (enfin on l’espère) vous négociez les montant de retraits et d’achats que vous pourrez effectuez; vous choisissez en fonction de vos besoins. Votre carte, vous savez (éventuellement) si elle est Classique, Gold ou Platinium mais vous ne vous êtes jamais demandé de quelle « type » elle fait partie. Pauvre de vous! Aux USA il y a 2 sortes de cartes, « Debit card » ou » Credit card » Tant que vous n’étiez « Personne » (cad sans numéro de Sécurité Sociale) vous n’aviez de toutes façons droit qu’à la version « Débit », la carte pour les nuls. Elle ne sert quasi à rien car elle n’est même pas acceptée dans la plupart des stations d’essence; son plafond d’achats est minime. Autant dire que si vous voulez commander votre magnifique vélo de race « Toutenkarbon » vous pouvez oublier. Sauf si vous êtes un « cyclo-addict » acharné comme mon époux: vous retirez du liquide en coupures de 20 dollars et vous arrivez chez « Barns and Bike » avec votre valise de billets. Ça fait de l’effet et vous avez l’impression d’être riche mais c’est un peu long à compter… Au pays du Crédit roi, pour être un client sérieux, vous devez avoir l’autre type de carte, celle qui vous oblige à bloquer sur votre compte un montant non rémunéré et à payer bêtement des intérêts si vous oubliez d’équilibrer la balance avant l’échéance. Mais vous n’avez pas le choix pour pouvoir réserver vos prochaines vacances. Et votre banquier vous considère maintenant comme un être normalement constitué. La règle du jeu est parfois étrange ici…
