Mon vélo et moi

Le vélo et moi, ce n’est pas une histoire d’amour. Et si mon mari est addict, on ne fait pas ménage à trois: Jamais je ne me suis approchée de son vieux « Treck » (ni de son nouveau « Specialised ») ça je le jure! En vrai, le vélo, j’en ai peur. À chaque fois que j’ai tenté une expérience sur cet engin diabolique, elle s’est soldée par une catastrophe. Oui, j’ai réussi à foncer dans le mur sur la Promenade des Anglais à Nice (Si, si, je vous assure, il y a un mur, le seul, le mien), à télescoper de front un cycliste chinois sur une île (quasi) déserte (pourquoi diable arrivait-il en face le malheureux?) et à m’étaler comme une crêpe devant le parvis de l’église St Martin. A l’arrêt. J’ai choisi incidemment à Paris le seul vélib crevé du parc, puis j’ai mis 200 m à m’en rendre compte… Et quand l’été dernier j’ai enfin fini par dompter la bécane prêtée par ma fille, elle a été immédiatement dérobée en plein centre ville. Sous mon nez. D’ailleurs, à Houston, c’est pire qu’aux Pays Bas: je crois bien que la moitié des bicyclettes en circulation ont été volées. En tous cas, tous nos amis se sont déjà fait piquer leurs montures, pourtant soigneusement cadenassées au garage. Ça ne me donne pas envie. Quoi que… Si finalement. Parce que justement, il parait qu’il y a des offres sympathiques chez Walmart. Walmart? Oh…C’est mon magasin favori! Ni une ni deux, m’y voilà. Bien sûr, accompagnée par ma chère copine canadienne (cycliste émérite et motivée), qui repère d’un simple coup d’œil, avec le regard acéré de l’aigle qui fond sur sa proie, le modèle qui me convient. Elle l’enfourche, virevolte 20 secondes dans les allées du supermarché: il est parfait. Suivent un tas de détails techniques auxquels je ne comprends goutte, mais il parait que c’est un « Schimano »: pour le prix on peut parler d’une aubaine. L’affaire est pliée. Pas du tout. Je ne suis pas convaincue. J’ai peur… Surtout du ridicule en voyant les casques proposés de l’autre côté de l’allée. Devrais-je me transformer en licorne, en footballeur américain, en extraterrestre ou en tortue Ninja? J’hésite. Je reviendrai avec mon spécialiste de mari ce week-end. Mais d’abord, je veux comparer. Une âpre recherche sur le web me laisse étourdie et perplexe. Ah bon, il y a tant de races de vélos? Je comprends qu’il m’en faut un de l’espèce « Hybrid lady bicycle ». Heureusement, on en trouve partout à Houston. Enfin, à vrai dire, c’est ce que je croyais. Parce qu’après avoir écumé Target, Toy’R Us et quelques Walmart dispersés loin en banlieue (le foutu GPS de mon époux n’a jamais retrouvé le bon magasin), après un samedi perdu et 50 miles au compteur, on a finalement acheté…un gaufrier! Pas vu l’ombre d’un hybride correct. Ça a achevé de me convaincre. « Ce Schimano » m’est destiné. Lundi matin à l’aube (ou presque) je cours le chercher. C’est comme ça que je me suis retrouvée propriétaire du magnifique coursier blanc. Et que dès mardi j’ai pu me gameller sur le plat sentier de Rice University, devant une brochette d’étudiants médusés. Mon vélo je t’aime!

L'auteur

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Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas Howdy une globe trotteuse au Texas

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